Vitry-le-François / Concert prévu le 30 mai :
Le maire demande la déprogrammation d'OrelSan

Source :
http://www.lunion.presse.fr/index.php/cms/13/article/283749/Vitry_le_Francois__Concert_prevu_le_30_mai__Le_maire_demande_la_deprogrammation_d_OrelSan

Le rappeur OrelSan ne cesse de faire couler de l'encre. Le maire PS de Vitry-le-François, Jean-Pierre Bouquet, demande la déprogrammation du concert de ce chanteur normand de 26 ans qui devait se produire le 30 mai prochain sur la scène de l'Orange Bleue. Il pointe du doigt l'un de ses textes « Sale pute » écrit il y a trois ans. OrelSan interprète un jeune homme trompé par sa copine qui exprime sa colère par une série d'insultes et de menaces. Des paroles très crues qui ont choqué des internautes, mais aussi l'association Ni putes ni soumises, le Parti socialiste, la ministre de la Culture, Christine Albanel, la secrétaire d'État à la solidarité, Valérie Létard ou encore les membres des Désobéissant-e-s, association rémoise féministe laïque qui lutte contre toutes sortes de discriminations…
Cette chanson ne figure pourtant pas sur l'album, ni même dans les morceaux joués sur scène, mais le clip est visible sur Internet. « C'est une provocation, estime Jean-Pierre Bouquet, en citant certaines paroles. Par certains égards, c'est une invitation à commettre un meurtre ou un viol. Je trouve ces propos dégradants et inacceptables. Ils véhiculent des idées nauséabondes ». Pour le premier magistrat de la cité rose, cette chanson « Sale pute » est une atteinte à la République et à l'humanisme. « Je défends le droit des femmes », martèle-t-il.
« Un faux alibi »
Jean-Pierre Bouquet intervient deux jours après la décision de Jean Perrissin, directeur de l'Orange Bleue, et d'Anna Réolon, 3e adjointe au maire chargée de la culture et de l'animation, de maintenir le concert d'OrelSan « […] parce qu'il nous semble dangereux dans une démocratie de nous substituer à une action judiciaire […] ». Un temps d'échanges et de débats était même prévu à 18 heures juste avant le concert. L'occasion pour les associations, collectifs et citoyens de « dialoguer avec l'artiste ». Pour le maire PS, « cette table ronde est une farce ». « C'est un faux alibi ! », assure-t-il. C'est pourquoi, il demande au directeur de l'Orange bleue, Jean Perrissin, de « prendre ses responsabilités ». « Il doit me donner sa position définitive d'ici au 1er mai ».
Le premier magistrat de la commune n'exclut pas de prendre un arrêté municipal « le moment venu » si nécessaire. C'est de cette façon qu'il avait interdit en octobre dernier le concert du chanteur de reggae jamaïquain Anthony B pour des propos homophobes tenus par l'artiste en 2001 dans un magazine de reggae.
S.G.