Un communiqué de l'ECVF  comm_presse pour les puristes et recopié ci-dessous :

Association nationale « Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes »

COMMUNIQUE DE PRESSE Paris, le 08/04/09
QUELQUES MISES AU POINT SUR LA PRESENCE D’ORELSAN AU PRINTEMPS DE BOURGES
Vendredi 3 avril 2009, le Président de la Région Centre prenait position contre la présence d’Orelsan au Printemps de Bourges au motif de la particulière violence de deux de ses chansons : « Sale Pute » et « Suce ma bite pour la Saint-Valentin ». Suite à cette annonce, des imprécisions ont circulé dans les médias au sujet de ce qui est devenu « l’affaire Orelsan ».
Première imprécision : certains journalistes ont lié la position du Président de la Région Centre à une lettre que lui avait adressée un élu (ancien partisan du Front National) le 31 mars 2009. Cette affirmation discrédite la démarche du Président de la Région Centre et induit en erreur sur ses motivations.
En réalité, c’est dès le 29 mars 2009 que le Président de la Région Centre, comme le Président du Conseil général du Cher et le Maire de Bourges ont été sollicités par l’association « Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes ». Par le truchement d’une lettre ouverte, il était demandé à ces trois responsables politiques et co-financeurs du Printemps de Bourges, s’ils souhaitaient réellement employer l’argent public à promouvoir les messages de haine et de violences à l’encontre des femmes, proférés par Orelsan.
Dès ce 29 mars 2009, la Région Centre entrait en contact avec l’association « Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes », et c’est bien de cette volonté d’action contre le sexisme que découle la prise de position du Président de la Région Centre.
L’association « Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes » qui regroupe des élu/es de toutes les tendances politiques démocratiques, estime cette prise de position courageuse et politiquement honnête.
- Courageuse, car le combat contre le sexisme paie peu en terme de reconnaissance médiatique, politique ou sociale.
- Honnête, car elle affirme la volonté de cohérence politique de la Région Centre. En effet, le 10 mars 2009, la Région Centre signait la Charte européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale. Comment aurait-elle pu décemment engager, sur fonds publics, des politiques de promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes, tout en finançant, toujours sur fonds publics, des manifestations promouvant les violences sexistes
et sexuelles ?
Néanmoins, nous regrettons que, lundi dernier, en réponse au refus du directeur du Printemps de Bourges de déprogrammer Orelsan, le Président de la Région Centre ait finalement décidé de n’amputer la subvention accordée au Printemps de Bourges qu’à la hauteur du coût du concert d’Orelsan. Cette petite amputation financière laisse carte blanche au directeur du Printemps de Bourges pour les 126 autres concerts de ce festival. Nous ne pouvons qu’espérer que la quasi-totalité de la subvention n’ira pas financer d’autres textes promouvant l’intolérance et la violence.
Deuxième imprécision : les défenseurs d’Orelsan semblent ne pas comprendre les raisons pour lesquelles la présence de ce chanteur au Printemps de Bourges pose problème. Ainsi, il nous est dit que la chanson incriminée, « Sale Pute », ne fait pas partie de l’album d’Orelsan et qu’elle ne sera pas chantée à Bourges. Cela devrait suffire…
Faudrait-il oublier l’existence de « Suce ma bite pour la Saint-Valentin » qui n’a rien à envier à « Sale Pute et dont l’un des messages est : „(Mais ferme ta gueule) ou tu vas t’faire marietrintigner“.
On nous dira que cette chanson n’est pas dans l’album. Mais sera-t-elle chantée à Bourges ? On ne le sait pas. Quant aux autres chansons, celles qui sont dans l’album et qui seront probablement chantées au Printemps de Bourges, faut-il aussi les oublier ?
Etoiles invisibles : „C'est pas en insultant les meufs dans mes r'frains que je deviendrais quelqu'un
mais j'aime bien“.
Sous influence : „J'rêve de péter les dents d'l'autre pétasse des Pussycat Dolls
Changement : „Maintenant les meufs portent du Vuitton, des grosses lunettes dorées
Avant c'était qu'pour les vieilles putes blondes décolorées
Les gars s'habillent comme des meufs et les meufs comme des chiennes
Elles kiffent les mecs effeminés comme si elles étaient lesbiennes“
Différent : „J'finirais par acheter ma femme en Malaisie
Les putes à blog sont plus bonnes en photos qu'dans la vrai vie
Nan, j'suis pas un produits marketing
J'suis sensible, j'me sens sale après avoir été voir les filles
(…) Renseigne toi sur les pansements et les poussettes
J'peux t'faire un enfant et te casser l'nez sur un coup de tête
Poulette pourquoi tu veux pas sortir avec moi ?
J'adore passer par les p'tits trous j'adore me sentir à l'étroit“
Courez courez
Petite, essaie pas de me fréquenter
Ou tu va perdre ton pucelage avant d'avoir perdu tes dents de lait
(...) J'suis pour de vrai de vrai, j'dis c'que j'pense, j'pense c'que j'dis
Tout ce que j'écris c'est du premier degré, hé !

(...) Les féministes me persécutent, me prennent pour Belzebuth
Comme si c'était d'ma faute si les meufs c'est des putes
Elles ont qu'à arrêter de d'se faire péter l'uc
Et m'dire merci parce que j'les éduque, j'leur apprend des vrais trucs
Des fois j'sais plus si j'suis misogyne ou si c'est ironique
j'serai peut-être fixé quand j'arrêterais d'écrire des textes où j'frappe ma p'tite copine“

Force est de constater que la violence et la haine envers les femmes sont des thèmes récurrents dans le répertoire d’Orelsan et que nombre des chansons de son album sont du même acabit que « Sale Pute » qui est loin d’être la seule chanson indéfendable de ce chanteur.
Troisième imprécision : les défenseurs d’Orelsan s’élèvent contre la censure dont il ferait l’objet et hissent haut le drapeau de la liberté d’expression. Cependant, la liberté d’expression, telle qu’elle est internationalement reconnue, connaît une limite : l’appel à la haine et au meurtre. Les textes précédemment cités ont largement franchi cette ligne rouge par leur banalisation des violences physiques, du viol, de la transmission volontaire du sida et d’autres MST, et du meurtre des femmes qui ne répondent pas aux exigences de certains hommes dont OrelSan semble se faire le porte-parole. A cela, il faut encore ajouter l’homophobie et la pédocriminalité.
Le refus de voir Orelsan sur des scènes musicales financées par l’argent public ne peut être considéré comme une atteinte à la liberté d’expression. La liberté d’expression, comme toutes les autres libertés, connaît des limites qui lui donnent un sens et permettent à la démocratie et au vivre-ensemble d’exister. Ce sont ceux qui franchissent ces limites qui remettent en cause les libertés.
Enfin, souvenons-nous qu’en avril 2007, le Printemps de Bourges avait déjà été le seul à offrir une tribune au chanteur Capleton dont les textes gravement homophobes appelaient « à brûler les pédés et les gouines ».
A l’époque, Capleton avait été déprogrammé de tous les festivals de France, excepté de celui de Bourges…
La liberté d’expression a bon dos !