mardi 12 août 2008

Visite à la famille DJENDOYAN au centre de rétention de Nimes le 12 août 2OO8

Nous étions trois, chacun dans sa tête imaginait qu’il allait pouvoir passer un grand moment avec la famille et lui apporter, outre bien sûr toute la chaleur humaine de ceux qui pensent à eux et les soutiennent, tous les objets de chaque jour qui lui fait défaut depuis leur arrestation et leur mise en rétention.
Oui nous avons rencontré Vrej, Narine, Edo et Hassan, après avoir dûment remis nos cartes d’identité et déposé toutes les petites affaires personnelles nous appartenant, être passés au détecteur de métaux, nous avons eu l’autorisation d’une visite de 20 minutes dans un parloir fermé, surveillés par un policier de la PAF. Quant aux nombreux sacs contenant tous les vêtements, jeux des enfants, photos, vivement souhaités par toute la famille nous avons cru un instant que nous allions devoir repartir avec. Interdiction de rentrer dans l’enceinte du centre avec le véhicule pour le décharger, grande réticence quant aux contenants : s’il s’agit de cartons c’est non, de sacs qui ferment à la rigueur « il faut prévoir le départ et si les affaires sont dans des valises c’est mieux ….. » Non pour la nourriture que l’on nous a gentiment demandé de reprendre. Tout a été fouillé, sera remis dans la bagagerie et Narine ou Vrej pourra demander au fur et à mesure de ses besoins d’aller chercher ce qui lui manque.
En 20 minutes nous avons essayé de démêler ce qui se passe : demain Vrej doit aller en avion à Paris au consulat arménien et revenir le soir même, pourquoi ? vérifier s’il « existe » réellement dans ce pays ? forcer l’obtention d’un visa ? Nous nous trouvons dans la première période de quinze jours pendant laquelle la préfecture « organise » le retour vers le pays d’origine. Seul le Préfet de l’Ardèche peut revenir sur cette décision de les renvoyer vers le pays qui n’a pas su leur garantir la sécurité et le désir d’y vivre. La CIMADE cherche tous les moyens qui permettraient d’infléchir cette décision : protection de l’enfance .. ? C’est une course contre la montre. Tous ceux que notre réseau RESF : Maire de Tournon, Députés, Conseiller Général a pu convaincre d’intervenir l’ont fait , les anonymes sensibles à ce drame l’ont fait également, lettres au Préfet, pétitions … A ce jour c’est le silence total du côté de Monsieur le Préfet.
Que dire alors à cette famille moralement et physiquement complètement épuisée ? Comment les convaincre que nous faisons tout ce qui est en notre maigre pouvoir.
Nous avons bavardé pourtant, nous avons même essayé de faire sourire les deux enfants, d’une pâleur impressionnante : ils ne veulent pas manger, ils dorment très mal et puis nous sommes partis.
Difficile de retenir nos larmes devant eux, difficile de se parler lorsque nous sommes remontés en voiture. Alors oui un centre de rétention est une prison, alors oui c’est une honte d’enfermer des enfants dans une prison, alors oui c’est une honte de bafouer ainsi les droits de l’homme et ceux des enfants alors oui nous ne sommes plus en France une terre d’asile pour ceux qui n’ont plus chez eux la sécurité.

MODELE DE LETTRE
Préfecture de l'Ardèche
M. Claude VALLEIX
5, rue Pierre Filliat
BP 721
07007 Privas cedex


Monsieur le Préfet,

Je me permets d’attirer votre attention sur la situation de la famille Djendoyan, dont le dossier a été déposé par leur avocat auprès de la Commission Nationale des Demandeurs d'Asile à Paris pour un deuxième réexamen.

Sous le coup d'une OQTF (Ordre de Quitter le Territoire Français), après un premier rejet de la CNA (Commission Nationale des Demandeurs d'Asiles), ils ont été placé le 5 août 2008 en centre de rétention, avec leurs 2 enfants Edo et Hasan, agés de 6 et 3 ans ½.

Narine Djendoyan, la maman a été hospitalisée vendredi 8 août à la suite de douleurs et de vomissements. Après les examens, une grossesse de 5 semaines a été diagnostiquée. Au-delà de sa grossesse elle souffre également de douleurs au foie.
Les enfants Edo et Hasan ne mangent presque plus.

Dans le respect du droit au recours, prévu par la loi, nous vous prions de bien vouloir une nouvelle fois examiner leur situation et leur attribuer de toute urgence un titre de séjour, compte-tenu des nouveaux éléments que nous venons de vous communiquer.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Prefet, mes respectueuses salutations.


Nom, Prénom
Signature et Date

ECRIRE, TELEPHONER, FAXER AU PREFET

Il faut absolument faire savoir au préfet que nous n'acceptons cette situation. Merci d'envoyer fax, mél et téléphoner à la prefecture en demandant à parler au Prefet, à la directrice de Cabinet ou au Secretariat du prefet.
Les appels téléphoniques sont importants aussi, pour avoir de vive voix une personne qui "comptabilisera" les soutiens à la famille. (cf.modèle de lettre ci dessus)

fax 04 75 64 03 39 tel 04 75 66 50 00
cabinet@ardeche.pref.gouv.fr

courrier@ardeche.pref.gouv.fr *